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J’entends régulièrement les personnes me dire « Je pense de trop, il faut que je sois moins dans mon mental, et plus dans mon ressenti ». Cette idée est prégnante dans le milieu du développement personnel ou de la thérapie. De la lessive qu’on a oublié d’accrocher avant d’aller faire les courses, des vacances à organiser, aux remarques faites par son manager ou son voisin, ça tourne et tourne sans cesse, il semble impossible de faire silence, de se relâcher, et de faire taire ce brouhaha permanent. Le soir, on éprouve des difficultés à s’endormir, on se relève pendant la nuit, des angoisses peuvent même advenir au cours du sommeil. Des doutes, des questions, des regrets voir de la culpabilité peuvent nous submerger, comme si une sorte de conscience aiguë des choses tourmentait sans cesse notre « esprit » sans jamais réussir à trouver les clés pour débrancher. Comment apprendre à faire une pause et à réguler ce flux permanent qui peut mener au burn-out ? Comment clarifier nos idées pour devenir plus concentré ? Comment libérer ses « pensées » ?

meditation-pleine-consciencDifférentes techniques et traditions existent et sont accessibles, de la méditation bouddhiste, à l’hésychasme, en passant par la méditation de pleine conscience très en vogue actuellement, on cherche ardemment cette sérénité, ce bien-être et ce repos dans nos vies afin de réduire notre stress et nos angoisses. Ces pratiques visent à se poser, à cesser nos activités, à couper nos téléphones, à faire silence, et à se concentrer. La place du corps et de sa posture requièrent une attention importante dans ce processus. Divers bienfaits émergent lors d’une pratique régulière, comme une grande paix intérieure, la prise de recul, le développement de nos capacités de discernement et aussi vaincre l’orgueil, la tristesse, le découragement, la colère, autant d’affects à dépasser pour se libérer vraiment. Mais qu’en est-il de nos « pensées » ? Doit-on vraiment faire un effort pour ne plus penser et comme me disait Magali, décoratrice feng shui pour dé-penser ? Si on considère que ressasser, mouliner, remâcher c’est penser, on est dans la confusion. Car justement, ce n’est pas cela « penser » réellement. Ruminer, ce qu’on appelle le « mental » dans le langage courant, c’est être en permanence dans la pensée calculante, qui priorise, choisit, manipule, instrumentalise, prévoit, organise les choses de la vie courante. Et ceci est nécessaire, de savoir se débrouiller un peu dans la vie. Mais l’Homme n’est-il fait que pour gérer les contingences de la vie ordinaire ?

La vraie « pensée » n’est pas du tout de l’ordre de ce qui est décrit ci-dessus. Ce n’est pas ruminer, imaginer, lister les choses à faire, c’est justement sortir des bruits confus quotidiens et s’éveiller à un acte bien plus profond qui nous fait naître à notre véritable humanité, à notre Nature Humaine qui est niée et malheureusement plus enseignée nulle part, car là aussi, on navigue dans les croyances et l’imaginaire le plus complet. Devenir Homme, c’est naître à la pensée qui me fait exister, en relation avec mon ressenti et mes émotions, en étant inspiré, tout en se libérant des croyances, des préjugés, de l’air du temps. Tout le travail est de se dépouiller, de se déprendre de toute chose, afin d’atteindre la Beauté, le Bien, le Bon, le Vrai, et arriver à dire un grand OUI à la Vie qui m’a été donnée, car c’est un cadeau à recevoir. Il s’agit d’accueillir dans la profondeur du silence intérieur ce don qui nous a été fait, en franchissant les obstacles en nous.

La pratique régulière de « faire silence » ou méditer est aussi indispensable que de manger, dormir et respirer, essayez déjà 15 minutes tous les jours, ça change la vie !